Le barrage La Tuque et sa centrale hydroélectrique, aujourd’hui.
Le potentiel hydroélectrique de la Saint-Maurice rivalise avec la majesté de la rivière. Au début du 20e siècle, la Brown Corporation et la Shawinigan Water and Power Company (SWPC) sont les premiers à voir l’opportunité de produire de l’électricité en s’alimentant à sa source. Dès 1930, ils s’unissent pour fonder la Saint-Maurice Corporation. Ensemble, ils concrétisent le rêve de construire une importante centrale au cœur de la ville et participent ainsi au développement hydroélectrique du Haut-Saint-Maurice. Les vestiges de la centrale précédente ont été mis en valeur en aval de l’actuel aménagement.
Construction de la centrale hydroélectrique de La Tuque entre 1938 et 1940.
La construction de la centrale de La Tuque débute en 1938 et se termine en 1940 avec trame de fond le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Son architecture distinctive est d’influence Art Déco, un style architectural particulièrement apprécié par la Shawinigan Engineering, filiale de la SWPC responsable de la conception. L’aménagement fait plus de 400 m de longueur, d’une rive à l’autre, et atteint 35 m de hauteur soit l’équivalent d’un immeuble de neuf étages. Avec ses 294 mégawatts, la centrale de La Tuque est la deuxième centrale la plus puissante sur la Saint-Maurice.
Après avoir investi 11,9 millions de dollars – un montant équivalent aujourd’hui à 200 millions de dollars – les groupes turbines-alternateurs 1 à 4 de la nouvelle centrale entrent en fonction en 1940, suivis du groupe turbine 5 en 1943, et du 6 en 1955. En 1963, dans la foulée de la seconde nationalisation des compagnies privées d’électricité québécoises, Hydro-Québec se porte acquéreur des actifs de la SWPC. Dans les années 2000, Hydro-Québec installe des roues de turbine plus performantes encore.
Saviez-vous que la rivière Saint-Maurice prend sa source au réservoir Gouin? Chaque goutte d’eau qui s’y déverse est turbinée par la centrale de La Tuque après l’avoir été par cinq autres centrales en amont. La tumultueuse rivière parcourt au total 381 km du nord au sud pour terminer sa course dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Trois-Rivières. Tout au long de sa trajectoire, la rivière Saint-Maurice reçoit les apports d’eau de 100 affluents et 36 000 lacs. Imaginez son pouvoir!
On y dénombre pas moins de 10 centrales toujours en activité, du nord au sud : Chute-Allard, Rapides-des-Cœurs, Rapide-Blanc, Trenche, Beaumont, La Tuque, Rocher-de-Grand-Mère, Shawinigan-2, Shawinigan-3 et La Gabelle.